19.02.2009

> Sommet social : quelques miettes pour les plus bas revenus

sommetsocial.jpgLa montagne a accouché d'une souris... C'est le sentiment qui prévaut après le marathon médiatique de ce mercredi 18 février... Tout le monde (ou presque) savait depuis le matin quelles seraient les pistes et les moyens que le chef d'état allait proposer à la réflexion des partenaires sociaux conviés pour l'occasion à l'Elysée. Pas de grande surprise, puisque Nicolas Sarkozy l'avait dit et répété depuis plusieurs semaines : la relance française se fera pas l'investissement et non pas par la consommation. Il ne fallait donc pas s'attendre à une révolution sociale, mais bien à une série de mesurettes pour acheter un peu de confiance auprès des plus touchés par la crise, et surtout sans dépenser l'argent que l'Etat n'a pas (moins de 3 milliards d'euros).

Plutôt que résumer les différentes facettes des propositions présidentielles du jour, un lien qui reprend de façon très complète les différentes suggestions :
--> http://www.lepoint.fr/actualites-economie/les-mesures-sociales-de-nicolas-sarkozy-pour-lutter-contre-la/916/0/318391

COMMENTAIRES

On peut se réjouir de l'évolution positive du choix de Nicolas Sarkozy de "lâcher un peu de lest". N'oublions pas néanmoins qu'il ne s'agit que de mesures ponctuelles, qui ne seront probablement pas renouvelées. C'est le premier aspect d'ensemble.

Ensuite, se pose la question de l'attitude syndicale. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 19 mars prochain. Visiblement, l'opposition "frontale" (et le rapport de force qui l'accompagne) pour défendre l'idée d'une relance plus socialement équilibrée se met en place : après le plan de relance par l'investissement, c'est un plan de relance à peu près équivalent (et pas 10 fois moindre) que "la rue" tentera de réclamer. Il s'agit clairement d'un choix politique majeur, car si la relance par l'investissement permet d'acquérir des actifs (infrastructures, réseaux de communications, etc.), la relance par la consommation, sans cette utilisée depuis plusieurs décennies dans notre pays ne contribue qu'à creuser un peu plus les déficits publics... Souvenons nous qu'en 1980, la dette de l'entreprise "France" ne représentait que 21% de son PIB... A cela s'ajoute le fait que l'Etat pouvait alors emprunter gratuitement (autrement dit, faire "marcher la planche à billets"). Cela dévalorisait certes dans l'immédiat la valeur de l'argent, mais à terme évitait d'avoir à rembourser "plus tard" un endettement sans cesse croissant. Quelques part, la question n'est pas tellement de vouloir un endettement "zéro", mais de limiter celui-ci à un taux "raisonnable" qui permette à la fois l'investissement chaque année et aussi des marges de maneouvre en cas de coup dur comme nous le vivons actuellement... Soyons clairs : la France (et les français) ont probablement vécu "au dessus de leurs moyens" pendant plusieurs décennies (en 1985, la dette franchissant les 30% du PIB). Le retour à la réalité est aujourd'hui bien difficile et si on veut commencer à se préoccuper de "retomber sur terre" plutôt que surrenchérir dans l'illusion, et franchir un cap de non retour.

Concernant les conditions des mesures proposées (on peut d'ailleurs formuler un commentaire similaire à propos du plan de relance par l'investissement), on peut s'interroger sur la volonté de l'Etat d'avoir véritablement un regard sur l'utilisation de notre argent. Plutôt que fournir sans condition des chèques emploi service, plutôt que supprimer des tiers d'impôt sur le revenu, plutôt que verser 500 euros aux chomeurs, etc. n'est-il jamais envisageable dans notre pays de proposer cet argent contre un service ?... Ne peut-on pas espérer un jour que les entreprises (publiques ou privées) pourront voir mis à disposition des gens ayant des compétences mais ne trouvant pas d'emploi et qui bénéficient de prestations sociales ? Ne peut-on pas réfléchir à des aides individuelles de proximité, auprès de personnes âgées ou souffrant de handicaps (portage de repas, courses diverses, etc.) contre l'effort national consenti de ne pas laisser chacun sans ressource ?... Bref, une véritable politique redonnant un sens à tout investissement individuel : tout travail ne mérite-t-il pas salaire... et réciproquement ?...

Enfin, n'oublions pas les plus basses retraites qui ne seront probablement que peu touchées par ces mesurettes sociales. Aujourd'hui une proportion non négligeable de la population de plus de 70 ans vit avec moins de 700 euros par mois, bien que ces personnes aient oeuvré toute leur vie. Et une partie non négligeable de celles-ci voient s'accroître leurs besoins en soins, voire deviennent dépendantes. Ce qui a un coût. Elles sont probablement les oubliées de la journée sociale d'hier...

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