13.02.2009
> PIB : la France s'approche de la récession...
Au quatrième trimestre 2008, selon l'INSEE, le produit intérieur brut (PIB) baisse de 1,2 % en volume. Il s'agit de la plus mauvaise performance pour l'économie française depuis le quatrième trimestre 1974. Rappelons qu'un état est officiellement en récession lorsque 2 trimestres consécutifs sont négatifs (+0,1% au 3è trimestre 2008). Dans le détail, le PIB repose sur 4 critères :
- La consommation des ménages qui s'accélèrent (+0,5 % après +0,1 % au troisième trimestre 2008).
- La formation brute de capital fixe (FBCF) totale qui baisse nettement (-1,1 % après -0,2 %).
- La balance entre les exportations qui chutent (-3,7 % après +1,0 % au troisième trimestre 2008) et les importations (-2,2 % après +1,1 %).
- Et enfin, les variations de stocks qui contribuent pour -0,9% à la croissance du PIB, après un score nul au troisième trimestre.
Globalement, malgré un maintien du rythme de la consommation des ménages (seule bonne nouvelle), cela ne suffit pas, en particulier en raison du fort déficit de notre balance commerciale (liée à une baisse globale de l'activité mondiale), cumulé à une diminution des stocks (le secteur automobile est révélateur pour cet indicateur, puisque tous les constructeurs diminuent leur stock face à l'absence de commandes).
Au delà de ces statistiques, il ne faut pas accorder plus d'importance à ces valeurs communiquées par l'INSEE qu'elle n'en ont. Le PIB ne doit pas être un fin en soi, mais bien un indicateur comparé pour juger de la santé de notre économie. Un peu comme si un médecin cherchait juste à faire baisser la fièvre du malade sans chercher les causes de la pathologie.
Donc l'action politique ne doit pas avoir pour objectif de faire remonter le PIB, mais plutôt de trouver les remèdes structurelles qui permettront d'assainir la situation et de retrouver, après coup, des valeurs positives pour ce qui n'est qu'un indicateur (et doit le rester).
Par contre, le budget de l'Etat pour 2009 a été établi sur une perspective annuelle de croissance du PIB comprise entre 0,2% et 0,5%. Ce ne sera visiblement pas le cas : l'activité en France devrait être inférieure à -1% selon le dernier communique de la ministre Christine Lagarde (certains commentaires parlent de "croissance négative", vocable contradictoire en soi). Le constat immédiat de cet ajustement des perspectives induit une augmentation de la dette de notre pays, si les dépenses ne sont pas revues à la baisse, puisqu'à défaut, c'est à nouveau l'emprunt qui permettra de financer celles-ci (et en particulier les plans de relance)...
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