11.02.2009
> Plan de relance : un équilibre à trouver entre interventionnisme et liberté absolue
Les entreprises françaises expriment, lors de l'Assemblée générale de l'Institut de l'entreprise (10 février 2009), la crainte de se voir imposer, à l'occasion de la crise et du plan de relance qui lui est associé, des contreparties sociales qui les empêcheraient de s'adapter.
Face aux surcapacités importantes que connaissent des secteurs comme l'automobile, il est demandé que les contreparties ne soient pas être trop rigides. Pour Patrick Devedjian (ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance), il serait au contraire difficilement compréhensible d'avoir recours à l'argent du contribuable sans contrepartie sociale... Visiblement les interlocuteurs ne sont pas sur la même longueur d'onde, c'est le moins qu'on puisse dire...
LE RETOUR DE L'ÉTAT
Certains chefs d'entreprise s'inquiètent également des déclarations de Nicolas Sarkozy sur la "règle des trois tiers" à propos du "partage des profits : un tiers pour les salariés, un tiers pour les actionnaires et un tiers pour l'investissement. Selon l'Elysée, s'il n'est pas prévu de légiférer aussi fermement (sous peine de tomber dans l'économie administrée), on ne peut néanmoins pas se satisfaire de la situation actuelle. Cette question relève du dialogue social. Mais faute d'aboutissement concret, l'Etat saura assumer ses responsabilités...
UNE ENTREPRISE CITOYENNE ET ÉTHIQUE
S'engager dans la voie de l'économie administrée et fermée, financée par des banques plus ou moins nationalisées, consisterait à prendre le risque de voir l'économie plonger dans une phase de régression. Le coût en serait considérable pour les perspectives de croissance économique et le bien-être collectif. L'économie centralisée (alternative classique à l'économie de marché) a échoué et a mis en cause les libertés. Le pendant de ce dirigisme économique est la fermeture des frontières qu'il faut à tout prix éviter et qui ressurgit actuellement, y compris au sein de l'Europe et de la "zone euro". L'expérience désastreuse des années 1930, qui a débouché sur la grande dépression et la guerre, est là pour rappeler les dangers de l'alternative du repli sur soi. L'ouverture des frontières est la seule condition de la croissance économique et de la paix.
Néanmoins, il faut impérativement tirer les leçons de cette crise, et en particulier la place de l'entreprise dans la société. si l'entreprise est la propriété des actionnaires, elle trouve cependant sa légitimité dans sa contribution aux collectivités dans lesquelles s'inscrit son activité. Sa relation à l'ensemble de ses parties prenantes - actionnaires, salariés, clients, fournisseurs -, pourrait être utilement réexaminée, voire rééquilibrée. Et puis la confiance repose sur la qualité de la culture et des valeurs de l'entreprise, sur sa place dans la société. L'entreprise du 21ème siècle doit être citoyenne et éthique.
QUATRE QUESTIONS
En conclusion à cette Assemblée générale de l'Institut de l'entreprise, quatre grands questionnement résument les interrogations actuelles des chefs d'entreprises :
- Comment favoriser la prise en compte du long terme par l'ensemble des parties prenantes de l'entreprise ?
- Comment redéfinir le rôle du manager dans l'entreprise ?
- Comment définir les relations entre puissance publique et entreprises dans le monde de l'après-crise ?
- Comment les entreprises peuvent-elles contribuer à la cohésion sociale dans le monde de l'après-crise ?
CONCLUSION
La prise de conscience d'une nécessaire "redistribution des cartes" économiques par les chefs d'entreprises est la première réponse positive à la volonté de contribuer dans le dialogue à la construction de nouveaux repères économiques. Gageons que cette initiative n'est pas qu'un artifice destiné à laisser passer l'orage, mais bien la base d'une nouvelle gouvernance nécessaire des règles économico-financières mondiales. A suivre donc...
10:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Ecrire un commentaire